12.06.2007
Un mois après
Un mois après avoir posé le pied sur le sol français, je me suis dit que quand même, c'était pas très poli de quitter ce blog sans même un petit au revoir. Alors voici un dernier petit billet pour dire au revoir. Alors ça fait quoi d'être de retour en France? Et bien, il y a plein de sentiments différents...
- Tout d'abord, je dois vous avouer que je suis super contente. Parce que vous, je ne sais pas, mais moi, il n'y a rien que je déteste plus que les tout derniers jours, quand il faut faire ses bagages, faire le ménage, stresser à cause de l'avion.... Et l'on a bien cru que l'on allait jamais y arriver avec Arnaud. On est d'abord resté coincé à l'aéroport de South Bend, car l'aéroport d'Atlanta, où l'on devait prendre notre correspondance, était fermé pour cause de tempète. Je vous épargne les heures d'attente, le moment où l'on a cru que l'on allait passer la nuit dans l'aéroport... Nous avons finalement eu notre vol et sommes arrivés en France avec plusieurs heures de retard. Evidement, l'une de mes valises était restée sur le continent américain. Et ce n'est pas fini. La camionnette qui devait livrer mon bagage trois jours plus tard a démarré le coffre ouvert. Ma valise s'est donc trouvée expulsée sur le trottoir, manquant au passage de tuer une pauvre dame. Pas rancunière, elle appela à la maison pour nous informer de l'incident et nous avons pu récupérer mon bien. Après la chute, curieusement, elle était dans un sale état. La poisse, vous dites? Non, non, la poisse, ça aurait été de se retrouver dans le même avion que le monsieur porteur de la tuberculose ultra résistante qui a pris le vol Atlanta Paris entre le 12 et le 13 mai et qui a fait la une des journaux. Et bien, après vérification... c'était bien mon vol. La poisse, je crois qu'effectivement, on peut dire ça.
- Et puis, il n'y a pas que pour ça que je suis contente. Retrouver sa famille, ses amis, sa maison, son chat, sa chambre, sa ville, il n'y a pas à dire, c'est un vrai bonheur. Retrouver le charme des villes françaises, des petits commerces, des centre-villes animés, des terrasses de cafés, où je ne suis plus forcée à l'abstinence... toutes ces petites choses qui me rappellent à quel point j'aime la France... c'est simplement délicieux. Il y aussi les fêtes entre amis, les rues de Paris, la nourriture française, la cuisine de maman, les petits films français, surtout ceux avec Guillaume Canet, mon filleul qui, maintenant, gambade partout... C'est bon d'être à la maison.
- Il y aussi ce que l'Amérique ne pourrait jamais m'offrir. Le concerte de Vincent Delerm, par exemple. Le dernier de sa tournée, un triomphe, et un bonheur. Avec Jean Rochefort en guest star, et un public conquis et déchainé. Une soirée que l'on a un peu de mal à oublier! Et les 20 ans de Clémence et de Camille, où l'on danse sur du Mylène Farmer, des vieux Indochine ou du Claude François.
- Mais... malgré tout ça... je vous mentirai si je vous disais que Notre Dame ne me manquait pas. Que mes colocs ne me manquaient pas. Et les brunchs du dining hall, et la beauté du campus sous le soleil, et les sandwichs au thon de Subway, et les soirées qui se terminent à Sbarro. Tout ça me manque, et parfois je me sens nostalgique. Ce fut au départ un peu dur de se réhabituer à s'endormir toute seule dans ma grande chambre.
21:26 Publié dans Feelings | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
11.05.2007
Voilà...
Il fallait bien que cela arrive un jour. Dans moins de deux jours, je décollerai vers la France, laissant derrière moi Notre Dame et mon année à l'étranger. C'est étrange quand on y pense. Cette année, on l'attend, on la prépare avec fébrilité, on se la représente, on s'imagine soi en train de la vivre, bref, avant même d'y être pour de vrai, elle nous habite déjà pendant de longs mois. Alors, maintenant que je suis assise à mon bureau, deux grosses valises ouvertes à mes pieds et un bazar sans nom dans la chambre, alors que je vis mes tous derniers moments sur ce campus, je ne peux m'empécher de regarder un peu en arrière.
Je me souviens des heures que j'ai passé à lire les rapports des étudiants partis avant moi, pour essayer de faire un choix. Je me rapelle très bien de la première fois que j'ai lu un rapport sur l'Université de Notre Dame. Ca m'avait tellement enthousiasmé que j'en avais parlé aussi sec à Clem et l'avait ajouté à ma liste de choix potentiels. Dans quelques semaines, ce sera à moi de rendre un rapport de ce type, censé inspirer les générations futures....
Je me souviens avec précisions de ces jours de février où nous attendions tous le verdict de notre destination pour notre 3e année. Des rumeurs qui parcourent les couloirs, "il parait que ce sera affiché demain..." "Moi, j'ai entendu que c'était pas avant la fin du mois"... Et déjà, depuis des semaines, ce seul sujet de conversation sur toutes les lèvres. Je me rappelle de ce fameux soir où la nouvelle se répand comme une trainée de poudre, de portable en portable, entre tous les étudiants de troisième année: "les résultats sont tombés! Ils sont publiés sur internet". Et les coups de fil, et l'excitation qui monte, et les cris de joie, et les félicitations, et ceux qui sont un peu déçus aussi de ne pas avoir eu leur premier choix, mais qui, très vite, sont eux aussi gagnés par l'enthousiasme général. J'en faisais un peu partie, de ces étudiants là. Puisque mon premier choix à moi, c'était Boston College. Mais le petit goùt de la déception s'est bien vite envolé, car Notre Dame, mon deuxième choix, m'ouvrait les bras!
Je me rappelle aussi de cette sensation étrange. Tout d'un coup, cette année tant fantasmée se matérialise. Elle a un nom, elle prend la forme de papiers à remplir, de CVs à envoyer, d'assurance à contracter. Elle devient extrèmement concrète par les sites internet que l'on se met à consulter compulsivement, à la recherche de photos, d'indices improbables qui nous prépareraient un peu à ce que nous vivrons là bas. Vaine entreprise, bien sur... et l'on ne l'ignore pas vraiment. Mais cela rassure. Un peu.
Et je me souviens de ces aurevoirs répétés avec tout le monde, les amis, la famille. Ceux que l'ont aimeraient bien emmené avec soi dans un coin de sa valise. Même si l'on sait au fond que cela fait partie de l'aventure, partir seule. Je me revois peser mes valises afin qu'elles ne dépassent pas le poid limite, avec l'atrange impression d'avoir enfermé ce qui sera ma vie pendant un an dans deux grands sace de toile noirs. Et le moment du départ. Ma totale inexpérience des aéroports, les adieux avec la famille. Et ces larmes que je pensais inévitables et qui, en fait ne coulent pas. Non. J'ai un peu peur, bien sur, mais j'ai surtout incroyablement hâte. Je veux savoir. Savoir de quoi je suis capable. Tester mes capacités d'adaptation, couper le cordon, me débrouiller seule, puisque de toute façon, là bas, je n'aurais plus le choix.
Je me souviens encore de cette arrivée chaotique, de ces petits problèmes d'avion, et de la découverte du campus, la nuit, désert. Et cette légère boule au fond de ma gorge, la première nuit, quand je me couche seul dans une petite chambre pour le moment austère. Premiers moments de solitude après une journée de tumultes, de couloirs d'aéroports, de premiers bégaiements en anglais, de bagages tirés à bout de bras, de controle de douane, et d'immigration. Comme un calme presque trop grand qui me frappe comme si soudain de me retrouvais au bord d'un immense gouffre. Je me rappelle de ce que me répétais alors intérieurement. Si tu craques dès maintenant, tu n'iras nul part. Alors, on avale sa salive, et on s'endort. Et j'ai avalé ma salive, et ai fermé les yeux.
Et ce fut bien finlament le seul moment de cette année où j'ai failli craqué. Après, non. Après, j'ai juste été happée par Notre Dame. C'est quelque chose que tout le monde partage ici. Une fois que l'on a posé le pied sur ce campus, on ne peut plus s'en débarasser, on est comme aspiré par un esprit, un sens de la communauté, qui font au final de Notre dame un deuxième chez soi, une deuxième famille. Alors, je pourrais continuer comme ça longtemps, parce que des souvenirs, j'en ai collectionné jusque dans les plus petits recoins de mon cerveau. Je m'arrèterai donc là aujourd'hui. Je ne sais pas si c'est le temps de faire un bilan. Mais je crois que pour moi cela viendra plus tard. Pour le moment, j'ai décidé de me laisser submerger. Parce qu'il ne me reste que quelques heures ici, et que je ne connais pas d'autres moyens de gérer ça.
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07.05.2007
La classe internationale...
Je sais, je sais, ça fait longtemps que je n'ai pas donné quelques nouvelles par ici. Mais faut me comprendre, il m'est arrivé pas mal de trucs incroyables ces derniers temps... Et là, c'est décidé, j'abandonne toute modestie, et, comme l'on dit vulgairement, je me la pète grave de chez grave. Ouep.
D'abord, il y a au cet email reçu il y a quelques semaines, annonçant la venue sur le campus de Mr Shashi Tharoor pour deux conférences. Bon, je suis sure que ce nom ne vous dit rien. Il y a quelques temps, il ne me disait rien non plus. Il s'agit en fait de l'ancien sous secrétaire de l'ONU. Celui qui a travaillé avec Kofi Annan. Bref, c'est pas de la gnognotte. Mais, chose plus importante, ce mail m'annonçait aussi que j'avais été recommandée par l'un de mes professeurs avec deux autres élèves de l'un de mes cours pour participer à une table ronde spéciale avec ce monsieur. Vi vi, moi, j'allais pouvoir prendre part à une discussion en cercle restreint avec Mr Tharoor. Et le mieux dans tout ça, c'est que l'on me passe de la pommade en me disant que c'est en ma qualité d' "outstanding undergraduate student". Outstanding.... rien que ça. Lorsque j'ai appris la nouvelle, évidemment, je me suis sentie très fière... J'ai direct pris le melon quoi. Après avoir sauté partout, et fait dix petits tours sur moi-même en poussant des petits cris bizarres, évidemment, j'ai commencé à baliser un peu. J'allais lui dire quoi, moi, à ce monsieur? Parce que je suppose que le regarder béatement lorsqu'il parle n'est pas vraiment suffisant. Il me fallait trouver des questions intelligentes, pertinentes, bref... pas évident.
Finalement, le jour de la table ronde est arrivé. Il y avait une petite vingtaine d'autres étudiants. Je me suis même retrouvée par accident assis juste à la droite de Shashi Tharoor. Et j'ai été plus qu'impressionée... bien que je m'y attendais un peu, Tharoor est incroyablement brillant, impressionant par sa maitrise des sujets, il parle au moins trois langues couramment (dont le Français) et a en plus beaucoup d'humour. J'avoue que je frissonnais aussi un peu pendant a table ronde, lorsque je m'arrétais deux secondes pour penser aux gens qu'il avait pu cotoyer pendant sa carrière... les dirigeants du monde entier... On m'aurait assise à côté de George Clooney, limite ça m'aurait fait moins d'effets. Bon, ok, peut être pas. Mais l'idée est là. Bref, je n'en reviens pas d'avoir eu une telle opportunité, et ne comprends toujours pas vraiment ce qui m'a vallu un tel honneur. Mais moi, hein, ce que l'on me donne, je prends.
Enfin, parce que bon, malgré mon melon, je pouvais encore passer les portes, on en a rajouté un peu. J'ai été invitée à la Yacht Danse de St Eds. Dit comme ça, évidement, rien d'exceptionnel. Apparement. D'abord, qu'est ce que la Yacht Danse, exactement? Et bien c'est le "signature event" de ce dorm dont je vous ai déjà maintes fois parlé. Une soirée pas comme les autres. Encore une fois, chaque gars de St Eds qui veut se rende à cette soirée invite une fille pour l'accompagner. Jusque là, rien de transcendant, me direz vous. Sauf que voilà.... les filles du campus feraient n'importe quoi pour être invitées une fois pendant leurs années d'université à cette danse. Elles seraient vraiment prètes à tout. Pourquoi? Parce que ce n'est pas une simple soirée. C'est LA soirée. Et pour cause: elle ne se passe pas sur le campus mais à Chicago. Des bus sont affrétés pour emmener les étudiants concernés dans le centre ville. Là bas, deux heures de temps libre sont accordées pour que chacun aille se faire un petit resto. Puis, tout le mond se retrouve pour la soirée en elle même... qui ne se passe pas n'importe ou... mais sur un bateau sur le Lac Michigan, avec vue sur la skyline de Chicago. Oui. Vous avez bien lu.
Alors imaginez un peu le tableau. Des dizaines d'étudiantes au bras de charmants étudiants débarquant dans la Windy City. Tous sur leur 31, bien sur. Robe du soir et costard cravate... Première fois que je porte de très haut talons. Diner au resto avec le petit groupe d'amis habituels. Des rires, et bien sur, pas un sou déborusé, puisque ce sont ces messieurs qui régalent. Puis, arrivée sur le bateau... trois étages, deux pistes de danse, des boissons gratuites, et surtout... la possibilité de monter sur le pont... et de se régaler d'une vue exceptionnelle. Les grattes-ciel de Chicago illuminés qui se détachent dans le nuit, vraiment, il n'y pas vraiment de mots pour décrire ça. J'ai tenté de prendre des photos. Malheureusement, l'effet rendu est très décevant. Je tente quand même d'en mettre une ici...
Je sais. Vous me haissez, là, maintenant. Jamais je n'aurais pensé avoir cette chance là un jour. Jamais je n'aurais pensé avoir tant d'opportunités au cours de cette année. Et puis, il faut l'avouer, avec une soirée de ce standing, je peux me la raconter pour les 10 années qui viennent!
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16.04.2007
Lewis Crush
Ce WE, avait lieu le "signature event" de mon dorm. C'est comme ça que cela marche, chaque dorm organise un évènement au cours de l'année qui est en quelque sorte sa marque de fabrique. Cela peut être beaucoup de choses différentes: l'organisation d'un marathon pour une association, la mise en scène d'une pièce de théatre satirique sur Notre Dame, une course de char... ou encore une danse un peu spéciale, comme c'est le cas pour mon dorm, Lewis: The Crush (= le béguin).
Cette soirée n'est pas une soirée comme les autres. Le principe est le suivant: les filles du dorm sont censées inviter le garçon dont elles sont, secrètement ou non, amoureuses. Mais en suivant une procédure bien particulière. Deux semaines avant la soirée, elles donnent le nom de leur "crush" aux organisatrices, qui le transmettent à "The Observer", c'est à dire le journal de l'université. La liste des noms des heureux élus est donc publiée dans le journal, mais sans mentionner qui invite quel garçon. Plus tard dans la semaine, une équipe de filles de Lewis parcourent le campus avec des colliers de fleurs (le thème de la soirée est plus ou moins les îles, Hawaï...) et courent après les "crush". Une fois arrivées à la hauteur de l'un d'entre eux, elles l'arrêtent, lui chantent une petit chanson spécifiquement concotée pour l'occasion, lui passe le collier autour du cou, et lui donnent les renseignements pratiques pour qu'il puisse se rendre au barbecue qui aura lieu dans la cour de Lewis la veille de la soirée. Et l'équipe de choc recommence l'opération jusqu'à ce que tous ces charmants jeunes hommes soient passés à la casserole. Normalement, à ce point de l'histoire, le gars ne sait toujours pas qui l'a invité... S'il veut le découvrir, il doit se rendre à ce fameux barbecue, où la fille n'aura alors d'autre choix que de se dévoiler.
Bien entendu, personne n'est obligé de suivre ce processus. Même si c'est fortement amusant. Mes colocs et moi, par exemple, n'avons pas jouer le jeu, j'avoue. Nous avons décidé, plutôt que d'inviter des gars individuellement, d'organiser un "group date"... et avons conviés le petit groupe de St Eds.
Mais toute l'histoire ne s'arrête pas là. Oh non. Juste après le barbecue (qui a lieu le jeudi soir), le concours de décorations commence. Et oui.... chaque section de Lewis (comprendre moitié d'étage) est en compétition, et doit choisir un thème pour décorer ses couloirs, ses murs, et ses plafonds. L'enjeu? La fierté d'avoir gagné cette institution qu'est ce concours de décoration, une plaque dans le hall de Lewis, et une pizza partie pour la section. Et attention. Il ne s'agit de la jouer petit bras. Il ne s'agit pas de coller trois posters sur les murs. Non, c'est sérieux. Si vous avez la chance, comme moi, de tomber dans une section où l'ambiance est très bonne, il y a de fortes chances pour que vous ayez envie de démontrer ce bon esprit en gagnant. Et il faut donc transformer les lieux jusqu'à ce que cela devienne méconnaissable.
Pour notre section, nous avons donc choisi le thème de Dr Seuss: All the places you'll go. C'est un livre pour enfant, extrèmement populaire aux Etats Unis. Un peu comme le Petit Prince, c'est très poétique, et touche à la fois les petits et les grands. Avec un joli message, mais aussi plein de couleurs, et tout et tout. Nous avons donc commencé à décorer à 7h du soir jeudi. Certaines d'entre nous se sont couchées à 4h30 cette nuit là. Et le lendemain, avant que les juges passent (à 5h45), nous avons encore peaufiné nos décorations. Il ne fallait surtout pas négliger les détails. Et comme nous avons des filles très talentueuses dans notre section, à la fin, cela donnait à peu près ça:
Les résultats seront dévoilés lors de la soirée... cette fameuse soirée. Il y avait donc Alex, Jean, Paula et moi côté filles, et Zach, Patty, Dolu et Kyle côté gars. Et j'ai passé une très très très bonne soirée. On a beaucoup dansé, chanté, sauté un peu dans tous les sens. Je commence à connaitre les tubes incontournables de toute fête américaine qui se respecte. Comme "Livin' on a prayer" de Bon Jovi, ou encore "Don't stop believin'" de Journey. Et puis il y a eu l'annonce de résultats. Et bien sur, nous avons gagné! Je vais être à jamais sur une plaque dans le lobby de Lewis. Avouez que c'est la grande classe, quand même.
Et puis la danse s'est terminé avec une dernière chanson: "Somewhere over the rainbow" de Iz. Pour tous ceux qui regardent/regardaient Urgences, oui, c'est bien la chanson sur laquelle Dr Green pousse son dernier soupir. Paix à son âme. Nous étions tous (enfin notre petit groupe) bras dessus bras dessous... chantant... se balançant doucement... Et j'avoue que j'ai eu beaucoup de mal à ne pas me laisser envahir par la nostalgie déjà présente de cette année qui se termine. De cette parenthèse qui se ferme. Et j'avoue que tout d'un coup, j'ai pris conscience que tout ça, tout ces gens, ces moments que je passe avec eux, cela risquait tout simplement de s'évaporer... Alors je me suis accrochée à ce moment, espérant que le temps, à défaut de s'arrêter, ralentirait au moins un petit peu...
Et nous avons fini cette grande soirée assis par terre au rez de chaussé de LaFortune, à discuter sérieusement avec les gars sur la vie, la pudeur, ceux qui expriment ce qu'ils ressentent, et ceux qui gardent tout pour eux... Ou comment avoir une discussion philosophique à trois heure du mat', après trois heures de danse effrenées... Il y a des moments, comme ça, qui n'ont pas de prix. Certains diront que pour le reste, il y a Eurocard Mastercard. Je n'irai pas jusque là. Je dirai juste que c'était bien. Simplement.
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09.04.2007
Soupe de navets...
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04.04.2007
Fun times...
En ce moment, tout va extrèmement bien. L'ambiance est toujours au beau fixe avec mes colocs (si l'on exclut le mini drame d'hier... j'ai bien cru que Miki et son fiancé le tatoué allaient se séparer...), et depuis le retour des vacances, il fait un temps plus qu'agréable. De la neige est malheureusement annoncée pour jeudi... j'avoue que j'ai du mal à y croire tant il fait doux. Mais j'essaie de me préparer psychologiquement au pire. Ca risque d'être un peu rude de se replonger dans l'hiver après avoir gouter au printemps.
Sinon, les deux derniers WE ont été particulièrement sympas, riches en évènements en tout genre, et surtout en bons moments. La semaine passée, je suis notamment allée voir Chicago (la comédie musicale) au théatre avec mes roomates, et ai aussi assisté à Irish Idol, comprendre la version Notre Dame de Pop Star. Et bah... dans les deux cas, il y en a qui savent occuper une scène! Et ce WE, nous avons passé deux soirées de suite chez les gars de St Eds, à jouer aux cartes, à regarder les matchs de baskets (le fiston de Yannick Noah a gagné!!! French do it better... une parfaite illustration...), à parler, à danser, à prendre des photos... et à finir à 4h du mat' à Sbarro autour d'une pizza... Bref, des moments qui ne paraissent pas exceptionnels, mais qui resteront sans aucun doute parmi mes meilleurs souvenirs de mon année ici.
Bref, tout va bien dans le meilleur des mondes. Les 4 jours de pont que nous avons pour Pâques approchent. Nous avons été faire un aprem shopping toutes ensemble, nous préparons la grande soirée de Lewis de la fin de l'année (The Crush, je vous en parlerais bientôt plus en détails), parlons d'organiser des excursions glaces, et des séances de bronzette sur la pelouse dès que le soleil le permettra, et nous évitons soigneusement de parler des cours. Et de la fin de l'année, surtout. Et de mon retour en France. Je tente de faire l'autruche, mais en fait, je flippe. J'essaie de ne pas compter les jours, tout en me disant qu'il faut bien que je me prépare psycholgiquement. J'essaie de savourer, sans laisser ce petit goût amer m'envahir dès que je pense au temps qu'il me reste. Bon sang, je ne peux pas croire que je suis déjà là depuis 8 mois. Comment cela a-t-il pu arriver???
Edit: j'ai rajouté rubrique vie étudiante des photos de ces soirées, et d'autres choses encore. J'en ai encore un paquet sous le coude, mais comme cela met un temps fou à charger, je complèterai plus tard...
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23.03.2007
Petit guide malin des dorms de Notre Dame
Parce qu'il est impossible de vraiment comprendre ce qu'est Notre Dame si l'on ne comprend pas ce que sont les dorms, j'ai décidé de vous expliquer un peu plus en détails la situation. Un dorm, à Notre Dame, ce n'est pas seulement un endroit où l'on partage une chambre minuscule avec d'autres étudiants, où l'on prend sa douche avec des sandales, et où, à partir de minuit en semaine (2h du mat' le WE), le monde devient unisexe.
Non. Habiter dans un dorm, c'est adopter une nouvelle identité. C'est intégrer certaines traditions. C'est faire partie, instantanément, d'une nouvelle famille. Et finalement, c'est comme porter un label aux yeux des autres. C'est ainsi, l'une des premières choses que l'on demande lorsque l'on rencontre quelqu'un de nouveau sur le campus, après les incontournables "Quel est ton major?" et "D'où viens tu?", c'est cette question essentielle: "In what dorm do you live"? Et selon la réponse, c'est comme si l'on savait déjà beaucoup sur la personne. Je sais, dis comme ça, ça parait stupide. Comment un dorm, que l'on ne choisit pas, où l'on atterit arbitrairement, pourrait révéler la personalité de quelqu'un? Et pourtant... force est de constater que cela se vérifie plus souvent qu'on ne pourrait le croire. Je vais donc vous détailler un peu comment les dorms de Notre Dame sont vus par les étudiants... et plus particulièrement par les étudiantes de Lewis, puisque c'est quand même ce que je connais le mieux.
- Lewis: commençons par là, justement. Il m'est difficile de dire ce que les autres pensent de Lewis. D'après mes impressions, je crois que c'est un dorm assez neutre. Comme c'est le plus grand dorm de filles, il a parfois la réputation de ne pas être très chaleureux. Ce qui, dans les faits, n'a rien à voir avec mon expérience, ceci dit en passant. C'est le premier dorm qui a été construit spécifiquement pour accueillir des filles sur le campus, lorsque Notre Dame a réalisé que les filles aussi étaient capables d'étudier.
- St Ed's (Saint Edwards): c'est, pour toute fille qui se respecte, une mine d'or. Spécialement pour toute Lewis girl. Déjà, c'est à deux pas. Pas besoin donc de traverser tous le campus en robe et talons, sans être couverte comme il faut, parce que c'est bien connu, les gros manteaux doudounes, c'est pas ce qui va le mieux avec une tenue de soirée. Ce qui donc peut s'avérer extrèmement avantageux quand il s'git de sortir alors qu'il fait -20 dehors. D'autre part, St Eds est un des dorms qui a été construit dès la naissance de l'université. Les chambres sont donc beaucoup plus grandes, et beaucoup plus hautes de plafond. A côté de la chambre d'étudiant typique, les chambres de St Eds sont des palaces. Et donc le lieu parfait pour organiser des petites fêtes sans risquer d'étouffer. Enfin, sans doute le plus important, les gars de St Eds sont des "sweet hearts" comme on dit par ici. Ils sont juste adorables. La plupart des amis mecs de mes colocs, et donc par extension de mes amis, vivent dans ce dorm: Patty, Zach, Mike, Flood, Jim... Et pas mal de stars du lycée, aussi: Jimmy, le nouveau quaterback de l'équipe de foot, John Fister, la star des Undertones (vous savez ce groupe acapella qui fait un tabac sur le campus). Et d'autres encore. Coïncidence? Peut être. En attendant, mes roomates et moi sommes bien d'accord. St Eds rocks my socks. (Uhuhuh).
- Zahm: Zahm est l'un des dorms qui a une vraie réputation sur tout le campus. Et pas forcément la plus flatteuse. Zahm est le dorm des "dudes" par excellence. C'est à dire le dorm de mecs typique, celui qui ne fait pas dans la dentelle. C'est aussi le dorm qui se rapproche le plus d'une fraternité. Et un peu le bouc émissaire du campus: c'est simple ici, pas de blagues belges. Mais des blagues sur Zahm à la pelle. Il faut dire qu'ils méritent en grande partie leur réputation. Les fêtes qu'ils organisent sont souvent proches de ce que American Pie nous a présenté il y a quelques années. Ils ont des tas de traditions assez... intéressantes. Comme celle de courir nu tous ensemble autour de LaFortune (le centre étudiant) et de la bibliothèque après le premier match de foot à domicile.Et pusi, il ya aussi les récits des exploits des anciens. Comme ceux qui avait volé une statue du fondateur de l'université, l'avait carrément emmené dans le dorm est déguisé avec des vêtements féminins. Oui. C'est véridique. Bref, les gars de Zahm ne sont pas vraiment connus pour leur raffinement. Plutôt pour leur blagues un peu grasses. Mais pas seulement non plus. Les habitants de ce dorm sont aussi réputés pour leur extrème solidarité les uns envers les autres, pour leur esprit d'appartenance au dorm sans pareil... et oui, l'adversité et les critiques, ça reserre les rangs, inévitablement.
- Farley: de la même manière que Zahm est vu comme le dorm typiquement masculin du campus, Farley est censée être le dorm typiquement féminin. Une illustration assez simple de cela se retrouve dans le nom des occupantes de ce dorm. A Lewis, nous sommes les "chicks". A Farley, elles sont les "Finest ladies". Evidemment, tout de suite, c'est dur de rivaliser. Ces filles sont donc un petit peu montrées du doigt avec une pointe de sarcasme par les autres filles du campus... et vues comme étant destinées à se comporter en "ladies" quoiqu'il advienne...
- Keenan: Keenan a deux facettes. La première est spécifique aux filles de Lewis. Il se trouve que ce dorm se trouve pile sur la route entre le Dining Hall et Lewis. Lorsqu'il fait froid, qu'il neige ou qu'il pleut, le calcul est vite fait: il est plus court, et surtout bien bien plus agréable de couper par Keenan que de faire quelques mètres de plus pour le contourner. Ce dorm a donc l'extrême utilité d'être parfaitement placé. Il nous permet d'éviter les grands froid... tout en se balladant sans complexe dans le couloir, jetant un oeil dans les chambres de ces messieurs, innocemment. L'autre facette de Keenan est un peu moins flatteuse... rendez vous compte: il se pourrait bien que ces petits gars se jugent supérieurs à leur congénères. Oui oui, il y aurait de l'arrogance dans l'air. Peut être est ce un peu de notre faute. Peut être ont ils surpris les regards faussement désintéressés de certaines Chicks, qui passaient par là, par hasard, un dimanche matin après le traditionel brunch.
- Cavanaugh: ce dorm de filles a une histoire particulière. Alors que Notre Dame devenait mixte il y a de cela quelques dizaines d'années, il fallait bien trouver un moyen de loger les nouvelles étudiantes sur le campus. S'est alors posée la question de transformer un dorm de gars en dorm de filles. La bataille a été serrée... entre Zahm et Cavanaugh. Pourquoi? Parce que ces deux dorms étaient, évidemment, les plus agités du bocal. Zahm a perdu la course, de peu. Cavanaugh était apparemment encore pire. Ce qui laisse imaginer les choses les plus terrifiantes à propos des locataires de l'époque. Désormais, les filles de Cavanaugh sont au coude à coude niveau réputation avec les filles de Farley... comme quoi...
Je vais m'arrêter là... je suis pourtant loin d'avoir épuisé tous les dorms du campus. Mais comme mon intention n'est pas d'écrire un roman, je ne vous parlerai pas des gars de Siegfried, réputés pour être de grand buveurs, de ceux d' Alumni, réputés pour se comporter spécialement mal avec les filles, des filles de MacGill, apparemment plutôt prétentieuses et hypocrites, de celles de PW, au contraire connues pour être aimées de tout le monde ou de celles de Breen Phillips, qui parce qu'elles ont choisi un cochon comme mascotte (quelle idée) ont la réputation peu flatteuse d'être plus moches que la moyenne. Il y aurait encore beaucoup à dire. Mais je finirai juste en disant qu'évidemment, aucun élève n'est assez stupide pour juger quelqu'un sur sa simple appartenance à un dorm. Mais ces a prioris, bâtis sur l'histoire des dorms, et l'expérience personnelle de chacun, est une part importante de ce qu'est Notre Dame. Personne ne prend ces généralités vraiment au sérieux, mais tout le monde les perpétue plus ou moins, au travers de blagues, de petites remarques... oui, tous, même les habitants du dorm en question. Et honnètement, c'est ce que j'aime dans cette université. Ce petit supplément d'âme, le fait que l'on intégre pas seulement une résidence universitaire, mais une maison, avec tout ce qui va avec.
19:20 Publié dans Ils sont fous, ces Américains! | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
21.03.2007
San Francisco s'embrume... San Francisco s'allume... San Franciscooooo
Il est temps de vous donner une petite explication sur ce silence prolongé. J'ai une excellente raison: j'étais en vacances. Spring Break oblige, j'ai été crapahuter avec Arnaud et Charlotte sous le soleil Californien! Nous avons passé une petite semaine plus que sympathique à San Francisco. Et je dois dire que cela valait le coup! Comme nous avons été hyper actifs, je ne sais pas trop quoi vous raconter, ni par quoi commencer. Que dire? Le temps était parfait, grand soleil, mais pas trop chaud, juste ce qu'il faut pour rentrer avec un léger bronzage. Et puis la ville, pleine de caractère. Je crois que le plus simple, c'est que je mette ici quelques photos... et le reste dans un nouvel album. Evidemment, après ça... c'est un peu dur de se remettre au boulot!
- Mes accolytes:

- Au cas où vous en le sauriez pas, San Francisco, c'est... valloné! Mes mollets s'en souviennent!

- Et puis... l'Océan Pacifique... et le fameux Golden Gate Bridge
- Bref... pendant une semaine, nous avons vraiment vécu des moments... pénibles!
- Dans un cadre épouvantable!

17:23 Publié dans (Més)aventures | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note









































